Sommes-nous des digital naïfs ?

À peine le temps d’économiser pour l’IPhone XS, que l’on passe déjà au 11. Ta PS4 sera bientôt dépassée par une autre et ton ordi frôle l’obsolescence programmée.

Tu l’as remarqué, nous sommes dans une époque où tout va très vite, trop vite ! Le monde se dématérialise à la vitesse de la lumière et c’est aussi ça qui est en partie responsable de l’illectronisme.

Illectronisme, tu connais ?

Il s’agit de la difficulté voire de l’incapacité à maîtriser les outils ou les applications numériques.

À l’inverse de l’illettrisme, l’illectronisme est un phénomène qui est encore peu connu et qui touche toutes les couches sociales.

Contrairement aux idées reçues, les personnes âgées ne sont pas les seules à être concernées par cette tendance. En effet, selon Libération, 21% des digital native renonceraient à faire des démarches administratives via Internet par manque de maîtrise des outils numériques. Un abandon qui risque de poser problème dans le futur, lorsque les formulaires administratifs physiques auront disparu.  

Étrange … Paradoxal même ! Alors que l’on sait que le numérique est considéré comme une chance à notre époque et que la population qualifie la génération actuelle de digital native… Les digital natives, c’est toi, c’est moi, c’est nous ! Ça englobe les personnes comprises entre 18 et 35 ans.

Mais qu’a-t’-il pu se passer pour que le fossé se creuse autant et que le phénomène résulte sur une l’exclusion sociale ?

Alors même si les réseaux sociaux n’ont plus aucun secret pour toi, es-tu en mesure d’utiliser les outils numériques à des fins éducatives ? Et oui … il est bien là tout le problème. Il ne suffit pas d’être à l’aise avec Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat, pour dire qu’on gère ! Il faut aussi l’être avec des applications moins ludiques comme Word, Excel, Access, etc.

Les risques rencontrés face à ce manque de maîtrise sont entre autres l’isolement, la perte d’autonomie et la menace d’être davantage confronté à la cybercriminalité.

Aucun d’entre nous n’est né avec des prédispositions ou des compétences innées en la matière, il n y a que des acquis ! Que des connaissances que nous avons apprises au fil du temps. Cassons ce mythe qui veut que tous les jeunes soient capables de maîtriser le numérique les yeux fermés, sous prétexte qu’ils ont pointé le bout de leur nez en pleine air du numérique. Cette croyance met en péril l’intégration des plus défavorisés.

De plus, la classe sociale façonne les compétences et les usages des jeunes par rapport aux outils numériques. Selon une étude, 72% des enfants d’ouvriers utilisent internet à des fins divertissantes, contre 36% pour ceux issus de famille de cadres supérieurs. La fracture qui risque d’être toujours plus grande, est bien réelle et doit être prise au sérieuse. Elle est d’autant plus présente chez les adolescents vivants en milieux ruraux ou populaires.

À contrario, il ne faut pas diaboliser l’utilisation des médias sociaux, puisque ceux-ci disposent tout de même d’avantages non négligeables comme la capacité de nouer des interactions sociales, de travailler son image et de se forger une identité propre, d’étendre sa créativité, de développer son sens critique, de partager et de distribuer du contenu, de collaborer, et bien d’autres encore.

Il faut cesser d’idéaliser les digital natives, tous ne sont pas des pros du net. Je ne dis évidemment pas que les jeunes ne savent pas faire usage d’internet, … c’est juste que certains ont une approche peut-être un peu trop naïve et superficielle de l’informatique. Par conséquent, les outils ne sont pas ou trop peu exploités. Toutefois, rien n’est perdu puisqu’il est possible de remédier à cela en encadrant davantage et en faisant de l’accompagnement. L’important est de reconnecter les jeunes égarés à la sphère virtuelle.

Au final, ni Natives ni Naïfs. Juste une génération qui tente de s’adapter à un monde qui tourne toujours de plus en plus vite !